|
|
|
Ma mère, pour ses jours de deuil et de souci, Garde, dans un tiroir secret de sa commode, Un petit coffre en fer rouillé, de vieille mode, Et ne me l'a fait voir que deux fois jusqu'ici. Et contient les cheveux de ses parents défunts, Dans des sachets jaunis aux pénétrants parfums, Qu'elle vient quelquefois baiser le soir, pensive ! Pour y mettre des pleurs et deux boucles frisées ! Hélas ! nous ne gardions d'elles, chaînes brisées, Que ces deux anneaux d'or dans ce coffret de fer. O mère, quand viendra l'inévitable jour Où j'irai dans la boîte enfermer à mon tour Un peu de tes cheveux..., que la mèche soit blanche !
La mère de Rodenbach perpétuait la coutume familiale vieille de deux siècles qui consistait à conserver dans un coffret les boucles de cheveux des parents défunts. |
|
|
|
|
|
|
|
|