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C'est là qu'il faut aller
quand on se sent dépris...
C'est là qu'il faut aller quand on se sent
dépris
De la vie et de tout et même de soi-même;
Ville morte où chacun est seul, où tout est
gris,
Triste comme une tombe avec des chrysanthèmes.
C'est là qu'il faut aller se guérir de la
vie
Et faire enfin le doux geste dont on renonce;
Il en émane on ne sait quoi qui pacifie;
Quel beau cygne est entré dans l'âme qui se
fonce ?
On souffrait dans son âme, on souffrait dans sa
chair;
Mais il advient qu'un peu de joie encore pleuve
Avec le carillon intermittent dans l'air...
C'est là qu'il faut aller quand on a l'âme
veuve !
Le Miroir du ciel natal
La ville est morte, morte,
irréparablement...
La ville est morte, morte, irréparablement !
D'une lente anémie et d'un secret tourment,
Est morte jour à jour de l'ennui d'être
seule...
Petite ville éteinte et de l'autre temps qui
Conserve on ne sait quoi de vierge et d'alangui
Et semble encor dormir tandis qu'on l'enlinceule;
Car voici qu'à présent, pour embaumer sa
mort,
Les canaux, pareils à des étoffes
tramées
Dont les points d'or du gaz ont faufilé le bord,
Et le frêle tissu des flottantes fumées
S'enroulent en formant des bandelettes d'eau
Et de brouillard, autour de la pâle endormie
- Tel le cadavre emmailloté d'une momie -
Et la lune à son front ajoute un clair bandeau !
Le Règne du silence
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